On parle souvent d’entreprise anonymisée, mais que cela désigne-t-il? C’est ce que nous allons tenter de découvrir dès maintenant dans cet article complet et détaillé.
- Définition : Pratique consistant à masquer l’identité d’une société (nom, chiffres, lieu) pour protéger des données sensibles ou respecter des contrats de confidentialité.
- Limites et risques : L’anonymat total est difficile à garantir, car le croisement d’indices (taille, secteur, dates) permet souvent de deviner l’entreprise.
- Point juridique : Utiliser un nom de code (ex: « Entreprise A ») est une simple pseudonymisation soumise au RGPD, et non une anonymisation définitive.
- Le défi de l’IA : Les outils d’intelligence artificielle actuels facilitent la ré-identification rapide des entreprises en croisant des bases de données publiques.
Qu’est-ce qu’une entreprise anonymisée?
Pour vous donner une définition courte, c’est une entreprise dont l’identité est volontairement masquée. Le nom, le secteur ou la localisation peuvent être dissimulés. Cette pratique est courante dans les études de cas, les rapports et les témoignages.
Pourquoi anonymiser une entreprise ?
Il y a plusieurs raisons, avec pour commencer le fait de protéger des informations commerciales sensibles. Un autre motif et juridique, plus précisément pour éviter des poursuites judiciaires liées à la divulgation de données.
Anonymiser son entreprise permet aussi une communication honnête sans risque de représailles. Autre motif, c’est quelque chose qui sert a respecter des accords de confidentialité signés entre parties.
Enfin, pour préserver la réputation de l’entreprise citée, son anonymisation est choisie.
Les contextes d’utilisation
Ils sont nombreux comme vous aller le voir. C’est notamment le cas des cabinets de conseil qui anonymisent leurs clients dans le cadre de leur étude de cas.
Les journalistes protègent eux leurs sources en masquant l’identité des entreprises. Il y a aussi les chercheurs académiques anonymisent les entreprises dans leurs publications.
Les lanceurs d’alerte utilisent aussi l’anonymisation lorsqu’ils dénoncent pour ne pas être exposés. Pour vous citer un dernier exemple, les appels d’offres publics peuvent contenir des références anonymisées.
Les méthodes d’anonymisation
Souvent le nom est remplacé par un code générique comme « Entreprise A ». D’ailleurs dans les comptes rendus de procès, il y a souvent marqué Entreprise X, pour ne pas faire paraître son nom.
Autre chose, le secteur d’activité est parfois volontairement flou ou modifié. Car même avec un nom non public, des indices peuvent laisser deviner l’identité de l’entreprise.
Autre moyen subtil, les chiffres financiers sont arrondis ou exprimés en pourcentage. Quant à la localisation géographique de l’entreprise en question, elle est généralisée à une région ou un pays pour rester suffisamment vague. Quant aux données personnelles des dirigeants, elles sont supprimées ou altérées.
Les limites de l’anonymisation
L’anonymisation n’est pas une formule magique. Elle ne garantie jamais un anonymat totale. Par exemple, une entreprise peut rester identifiable même avec un nom masqué via d’autres indices.
La combinaison de plusieurs indices permet souvent de la retrouver malgré beaucoup de précautions. Pour vous donner quelques exemples, le secteur, la taille et la date suffisent parfois à trouver l’identité de l’entreprise.
Notons aussi que l’anonymisation partielle peut créer un faux sentiment de sécurité. Enfin, dernière limite a vous notifier, certaines juridictions exigent une transparence totale malgré les demandes de confidentialité.
Les enjeux juridiques
L’anonymisation n’est pas un totem d’immunité contre les recours légaux. Un tribunal peut ordonner la levée de l’anonymat en cas de litige. Et publier de fausses données pour masquer l’identité de sa boîte peut être sanctionnée, il faut donc bien faire les choses dans le cadre de la loi.
Le RGPD encadre strictement l’anonymisation des données en Europe. Vous pouvez vous y référer pour voir ce qui est possible ou non. Mais passez par un professionnel dans le moindre doute car une anonymisation mal réalisée engage la responsabilité de son auteur.
La nuance juridique : Anonymisation vs Pseudonymisation
Pour terminer avec cet article, il est important de bien différencier Anonymisation et Pseudonymisation.
Prenons pour commencer le cas de la fausse anonymisation. Remplacer un nom par « Entreprise A » est en réalité une pseudonymisation, car le lien d’origine existe encore.
Pour la loi, une vraie anonymisation doit être totalement irréversible et rendre l’identification impossible pour toujours. Si les données sont seulement pseudonymisées, l’auteur reste soumis aux lourdes obligations de protection des données.
De nouveaux défis se posent aussi également, avec le développement de l’Intelligence Artificielle et du Big Data. Car il devient de plus en plus facile de récolter des données.
Actuellement, les outils d’IA sont déjà excellent pour croiser des millions de données publiques et briser l’anonymat d’une société. Cela devrait être encore plus puissant a l’avenir. Pour vous donner un cas de figure très parlant, un simple historique de chiffre d’affaires combiné à un secteur d’activité permet à une IA de deviner l’entreprise en quelques secondes.
Une solution se dessine d’ailleurs, l’utilisation des « données synthétiques » (générées par IA) pour créer de fausses entreprises réalistes. L’IA est et sera de plus en plus au cœur du sujet.
