Le crocodile fascine. Il intrigue aussi. Notamment sur sa vitesse. Alors est-il un coureur hors pair ou base-t-il sa prédation sur d’autres atouts? Réponse dès maintenant.
Une vitesse surprenante sur terre
Le crocodile n’est pas lent, c’est ce qui lui permet de surprendre ses proies, mais sa vitesse dépend du terrain. Sur la terre ferme, sa vitesse de pointe est d’environ 14 km/h.
Il n’est pas capable de tenir cette vitesse dans la durée, seulement sur quelques dizaines de mètres. Il n’a pas d’endurance, mais reste brutal au démarrage. Sur boue ou sur sable, il est plus à l’aise dans la course. Il est particulièrement dangereux sur ce type de sol.
La technique du « galop » crocodilien
Certaines espèces utilisent une allure spéciale. Elle ressemble à un galop. Observée chez le crocodile nain, celui des Philippines, le cubain ou encore l’américain, elle s’effectue avec les pattes qui bougent en diagonale.
C’est ce qui permet des accélérations courtes permettant de fuir un danger comme un anaconda vert ou un hippopotame. Il est plus rare chez les grandes espèces qui sont trop lourdes pour galoper, mais aussi plus apte à se défendre.
La vitesse dans l’eau : son vrai terrain
Dans l’eau, le crocodile devient redoutable. C’est son élément naturel. En moyenne, il nage 8 à 10 km/h. Mais lorsqu’il est à sa vitesse de pointe, il peut nager jusqu’à 30 km/h en moyenne. Le chiffre varie selon les espèces.
Cette vitesse est rendue possible de par la propulsion faite par la queue. Puissante et musclée, elle permet une prise d’élan qui lui permet de chasser des proies sans qu’elles n’aient le temps de fuir.
Il a aussi les pattes repliées contre le corps lorsqu’il nage dans l’eau, un moyen de réduire la résistance. Son élan est sa principale force lorsqu’il chasse des proies, comme le zèbre, l’antilope ou encore le buffle lorsque ces animaux boivent.
Pourquoi le crocodile ne court pas longtemps?
Son corps n’est pas fait pour l’endurance terrestre. Il a tout d’abord un métabolisme très lent comme l’ensemble des reptiles. La réponse se trouve aussi dans ses muscles, adaptés à l’explosivité mais pas à la durée. Il a aussi une respiration limitée pendant l’effort qui entrave la durée de course de ce prédateur redoutable.
Dans l’eau, ces muscles sont totalement adaptés à la chasse par surprise. Il peut aussi s’y cacher grâce à une capacité à ne pas respirer en temps normal plus d’une heure.
Comment la vitesse évolue-t-elle avec l’âge et la taille ?
Sans surprise, un jeune crocodile est plus rapide et plus agile que ses aînés. Les plus légers disposent d’une meilleure accélération relative, ce qui n’empêchent pas les plus lourds de disposer de plus de puissance pour les attaques.
Pour faire des comparaisons entre espèces, les plus grandes espèces comme le crocodile marin ou du nil ont des déplacements terrestres plus lents de par leur masse. Les petites espèces peuvent courir plus vite et plus longtemps, comme le crocodile à front large.
L’attaque statique : la vitesse de réaction (le « strike »)
Le crocodile mise surtout sur la rapidité d’exécution. Pas sur la course. C’est la que sa vitesse est son atout, sur quelques millisecondes, qui suffisent à déclencher une attaque.
Ses mâchoires propulsées par des muscles puissants permettent de prendre à la gorge en un clin d’œil des poids de grandes taille. Pour les proies, aucun mouvement préalable n’est visible.
Sa vitesse de réaction est son principal atout puisqu’il a une distance d’attaque très courte, de l’ordre de quelques mètres maximum. Une vitesse élevée ne lui est d’aucune utilité, il ne poursuit pas ses proies, il se base sur la précision et la propulsion.
Un humain peut-il distancer un crocodile ?
Oui et inutile de le faire en Zizag comme le disent certaines rumeurs, au contraire, vous perdriez en vitesse. En ligne droit, un humain en bonne condition physique court à plus de 20 km/h en sprint, une rapidité bien supérieure à celle du crocodile.
L’humain est aussi plus endurant. Un crocodile ne pas courir plus de quelques dizaines de mètres à son allure maximale. Il n’a en plus aucune raison d’insister en tant que prédateur d’embuscade.
Bien sur, si c’est dans l’eau, l’humain n’a plus qu’a prier, le crocodile sera beaucoup plus rapide et avec un élan incomparable à celui d’un humain.
Sources:
Hutchinson, J. R., Felkler, D., King, K., & Allen, V. (2019). Gait selection in crocodilians: wariness of galloping or bounding is not restricted to small species. Scientific Reports, 9(1), 1-13.
Grigg, G., & Kirshner, D. (2015). Biology and Evolution of Crocodylians. CSIRO Publishing. (Chapitres dédiés à la locomotion et l’hydrodynamisme).
Seymour, R. S., Bennett, A. F., & Bradford, D. F. (1985). Blood gas tension, acid-base status, and lactate levels during exercise in alligators. Journal of Comparative Physiology B, 155(2), 233-243.
